De nouveaux outils de communication en Paca
Le projet de La Routo, porté par la maison de la Transhumance et la maison régionale de l’élevage de Manosque, entre la Crau et la vallée de la Stura (Italie), sera peut-être financé au niveau européen. La réponse est attendue pour mi-juin. Son but est avant tout économique : valoriser les produits et métiers issus de cette pratique emblématique de l’élevage ovin, tout en favorisant des échanges entre deux pays frontaliers.
S’il aboutit, il sera un bon outil de communication pour les éleveurs, qui ont déjà développé d’autres outils, comme des itinéraires de randonnée, des journées en alpages, des maisons thématiques de la transhumance et du berger, des expositions itinérantes, ou des fêtes de la transhumance. L’objectif, à terme, est ainsi de constituer, sur l’ensemble des Alpes et de la Provence, un réseau de structures, d’outils et d’initiatives permettant d’aborder l’ensemble des aspects liés à l’élevage pastoral et transhumant, qu’ils soient économiques, environnementaux, sociaux ou culturaux.
Pratique ancienne depuis 6000 ans, la transhumance est une forme de vie pastorale étroitement associée aux régions à climat méditerranéen. On peut en distinguer trois types. La transhumance dite hivernale est pratiquée par certains troupeaux des exploitations montagnardes, qui viennent passer l’hiver dans les plaines ou massifs forestiers littoraux de Basse Provence. La transhumance dite locale, désigne la montée en estive, sur des alpages de proximité, des troupeaux des communes de montagne ou des zones de piémonts. La grande transhumance estivale relie à longue distance les basses plaines provençales et le littoral méditerranéen aux pelouses alpines.
CES PRODUITS ISSUS DE L’ÉLEVAGE PASTORAL
Le pays d’estivage traditionnel est représenté par les Alpesde- Haute-Provence (Mercantour,Ubaye,Haut-Verdon…) et les montagnes méridionales du Dauphiné (Vercors, Briançonnais…). Avec le développement du transport par chemin de fer puis par camion, les troupeaux gagnent aujourd’hui également l’Oisans et la Vanoise. Clé de voûte d’un mode d’élevage basé sur le pâturage, la transhumance garantit des productions (fromage, viande, laine) de grande qualité, rythmée par les cycles naturels de l’herbe et de l’animal.
L’élevage ovin contribue au maintien d’un paysage ouvert: 60 % de l’espace pastoral et herbager départemental est entretenu par les moutons (alpages inclus). Il participe à la prévention des risques naturels, façonne les paysages et favorise la biodiversité. Il participe ainsi pleinement à la gestion partenariale des espaces. Les groupements pastoraux ont intégré les enjeux environnementaux en participant à la mise en place des mesures agro-environnementales sur les alpages.
Des atouts que les éleveurs ont tout intérêt à faire connaître au grand public à travers des manifestations, comme les journée en estive ou les fêtes de la transhumance. Cette pratique sert également aux collectivités locales. La location des alpages constitue des ressources financières pour les communes et valorise celles-ci en termes d’images patrimoniale et culturelle.
Dossier complet à lire dans Pâtre de juin/juillet
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